Créations

Le Groenland

Le Groenland

de Pauline Sales

Création - 2018

Elle part, une nuit, avec sa petite fille, pour le Groenland.
Elle a quitté sa maison, son mari, elle veut l’emmener vers « les étendues, la neige, l’infini ».
Elle lui raconte des histoires, elle nous raconte son histoire.
Elle veut que sa petite fille lui lâche la main...

Ce n’est pas une fuite, c’est un exil.

Pauline Sales compose l’être femme, son sexe, sa place, son rapport à la maternité, à l’abandon, à la mort, elle tisse une partition du départ, du dénue- ment, du froid. Quelque chose mue, se défait, une peau sociale, comme un rite régressif : une mère et sa petite fille, une femme et une enfant, une femme- enfant. Au plateau, un piano droit et son pianiste accompagnent ce voyage, comme un iceberg à la dérive, sur des compositions de Béla Bartók : un contrepoint ou une réponse de l’enfance, une fugue, une figure paternelle immobile.

À travers ce monologue, la nature féminine percute la fonction maternelle, il confronte l’inexistence de l’une face à l’autre, ou parfois l’existence de l’une sans l’autre.
Pourquoi partir ? Il n’est pas question d’héroïsme (ou d’anti-héroïsme), il n’y a pas de notion d’exemplarité, mais plutôt une vérité singulière, doucement cruelle, et instantanée...

photos ©michel cavalca


Irrépressible

Irrépressible

de Kevin Keiss

Création - 2018

Le thème de la pièce est l’addiction. Addiction à l’amour. Aux souvenirs. Aux larmes. À la littérature. Au temps
qui passe. À la conformité sociale. À la recherche de sens. Au bonheur. À travers les histoires croisées de Marine et Antoine, c’est le manque qui est questionné. La béance obsessionnelle du manque et ce qu’on est prêt à faire pour le combler.

photos ©michel cavalca


Mon prof est un troll

Mon prof est un troll

de Dennis Kelly

Création - 2017

Un regard d’enfant posé 
sur les questions du totalitarisme, de l’injustice, et de la révolte.

Alice et Max sont deux enfants turbulents. Pas une seule bêtise ne leur échappe pour faire tourner en bourrique leur institutrice, qui finit par rendre les armes. Arrive alors un nouveau directeur : un troll. Il règne sans pitié sur l’école en forçant les élèves à travailler toute la journée dans une mine d’or ; à chaque sottise, un enfant est dévoré par la créature. Alice et Max tentent de se révolter mais aucun adulte ne semble prendre au sérieux leur détresse.

Le texte de Dennis Kelly fait partie de ces fables racontées aux enfants pour leur épargner la cruelle réalité sans qu’ils en soient dupes pour autant. Si la réalité mène à la fiction, la fiction permet une meilleure appréhension de la réalité. Derrière cette école, il y a le grand monde qui gronde : la représentation trollifique d’une dictature, l’exploitation du travail des enfants, la prise de conscience de ce qu’est l’injustice, la notion de bouc émissaire et, surtout, la figure du barbare, au sens étymologique : «qui ne parle pas notre langue», l’étranger dont on ne saisit pas immédiatement la culture, et que l’on rejette.

Il n’y a pas de morale dans Mon prof est un troll, aucun fondement éthique, juste le regard de deux enfants sur une société complexe.

photos ©jeanne garraud


Coeur d'acier

Coeur d'acier

de Magali Mougel

Création - 2015

Cœur d’acier , c’est l’histoire d’une vallée.

C’est ici, dans cette vallée, que vivent Doris et Joseph, leurs enfants Anna et Bobby, et puis tous les autres.

Tout aurait pu être autrement, cependant il faut s’accommoder du silence sans faille que cause l’extinction du dernier haut- fourneau de la vallée.

Alors que partout ailleurs, dans le reste du pays, tout le monde se moque de cette affaire, ici on continue la lutte, on garde la tête haute et on tente d’interpeler encore et encore les pou-voirs publics.

Le retour et l’annonce de l’ancienne tête de file des combats syndicaux, devenue aujourd’hui eurodéputée, n’apaisera rien : le site industriel est destiné à devenir un village vacances.

Inspiré par la fermeture des hauts-fourneaux de Florange et né d’une commande d’écriture passée à Magali Mougel, Cœur d’acier convie le public à un western social, sur des compositions de piano, guitare basse et lap-steel. Avec hu- mour et cruauté, le Théâtre Exalté poursuit son cycle sur la dissidence, par le prisme de la sphère intime et familiale.

 

photos ©roxane kasperski


Lune Jaune, <br/><i>La Ballade de Leila et Lee</i>

Lune Jaune,
La Ballade de Leila et Lee

de David Greig

Création - 2014

Rencontre improbable entre Leila la silencieuse et Stag-Lee le mauvais garçon, deux adolescents rejetés et stigmatisés, à l’existence fragile.


«Peut-être que personne n’imagine ce que c’est d’être nous» Leila, sc.6


Lee vit seul avec sa mère Jenni, depuis que son père est parti quand il avait cinq ans en lui laissant pour seul souvenir une casquette. Lee rêve de faire fortune grâce au crime, de devenir, tiens, pourquoi pas le premier mac d’Inverkeithing ? Leila est «une bonne petite» mais son corps l’encombre, une jeune fille qui ne se sent exister que lorsqu’elle se passe une lame de rasoir sur le corps en rêvant aux célébrités de la presse people. Et Billy, le beau-père de Lee, voudrait offrir une bague à Jenni. Un mauvais départ, une erreur, un meurtre, et voilà Lee fuyant en plein hiver dans les collines hostiles, à la recherche de son père, avec Leila la silencieuse, et voilà Frank le garde-chasse qui les recueille, et voilà trois êtres perdus qui passent à ça de se trouver. Ou qui se trouvent. Et se perdent.

 

Éditions Théâtrales, 2013

 

L'auteur est représenté dans les pays de langue française par l'agence MCR, Marie Cécile Renauld, Paris en accord avec Casarotto Ramsay, London

photos ©roxane kasperski

 


Lysistrata

Lysistrata

de Aristophane

Création - 2013

En pleine guerre du Péloponnèse, décimant époux et fils, esseulant femmes et filles, Lysistrata, athénienne, convainc les femmes des autres cités grecques de mener une grève du sexe et de s'emparer du Trésor public, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat.

Aristophane écrit la pièce en 411 avant J.C. et mêle les conflits de l'État aux détails les plus intimes de la vie quotidienne, résolvant une crise politique des plus graves par la comédie la plus licencieuse, et usant avec bonheur de tous les clichés de la guerre des sexes.


Nina c'est autre chose

Nina c'est autre chose

de Michel Vinaver

Création - 2012

Leur mère est morte et ils habitent ensemble, deux frères, quarante ans passés, célibataires, une vie réglée et endeuillée. Sébastien, qui travaille dans une usine, est passionné par la comparaison entre les différentes nationalités et entretient la maison maternelle, Charles ouvrier coiffeur est moins profond, ils s’entendent bien, ça pourrait continuer comme ça. Mais Charles introduit de force Nina, sa petite amie, dans leur vie commune. Dès lors, sans préméditation, Nina opère une « révolution » - ironique lorsqu’elle le dit ? - et leur trio trouve un équilibre toujours susceptible d’être détruit.